Entretien avec Le roman de Jim, de Pierric Bailly (P.O.L.) – Cécile

Lire Le roman de Jim fut une déflagration comme le jour où j’ai rencontré mon futur mari : le choc de l’évidence. Comment avait-on pu décrire si justement la paternité et la question de la filiation? Chaque phrase fut un délice, une joie, un plaisir de lecture rare.

Ce livre ressemble à ça *:

Et ça * :

Illustrations : Caroline Cruzinha.

Alors, j’ai voulu en savoir plus, j’ai voulu en apprendre d’avantage sur celui qui pose un regard si juste et si beau sur la vie.

Forcément j’allais découvrir un être épris de douceur, de romantisme et de délicatesse. J’ai donc tout naturellement contacté Le roman de Jim afin qu’il me révèle qui est celui qui l’a conçu. Le roman de Jim a dit : oui, ok, pose moi tes questions. Voici ci-dessous le compte-rendu de nos échanges.

Cher Le roman de Jim, merci d’avoir accepté mon invitation. C’est une grande joie de pouvoir m’entretenir avec vous au sujet de votre auteur car l’homme semble assez secret, discret et peu enclin à balancer à tout vent des anecdotes sur lui même au débotté. On a connu plus bavard dans le milieu littéraire !

Première question sans plus attendre : votre auteur écrit-il avec sa casquette ou cet accessoire n’est-il réservé qu’aux sorties ? Je m’explique : cet objet me semble faire entièrement partie de l’écrivain, comme les casques chez les Daft punk, la moustache de Proust ou le chapeau de Brautigan.

Bonjour Madame Coulette,

Hé bien, merci de votre invitation à répondre à vos questions, dont celle-ci, la première, donc, que je trouve fort judicieuse et qu’en ma qualité de bouquin je me suis empressé de poser à mon auteur. Vous savez ce qu’il m’a répondu, cet empaffé ? Il m’a dit : mais enfin, tu sais bien que je suis né avec une casquette. Pfff… la réponse de petit malin. Ah, il était fier de lui, je vous jure. Il m’a même dit que c’était pour ça que sa mère avait accouché par césarienne. Mais bien sûr, tout le monde te croit… Si vous voulez savoir ce que j’en pense, il commence à m’agacer avec sa casquette. Moi je trouve que ça fait plouc. Quand tu vois le nombre de bouquins dont les auteurs arborent la mèche au vent, les petites lunettes rondes ou le fouloir en soie, se retrouver représenté par un bouseux à casquette, c’est pas facile.

Creusons encore un peu cette histoire de look, quitte à énerver un peu plus notre sujet d’étude… Entre vos lignes et celles de votre cadet,  Les enfants des autres, le vêtement en dit beaucoup sur l’appartenance sociale. Pierric Bailly lit-il de la socio ? D’ailleurs que trouve-t-on sur sa table de chevet ? Pensez-vous qu’à la question « Liberté, une hérésie ? » il aurait eu 18/20 au bac ? Vous tentez de lui demander ?

Vous me direz si je me trompe mais j’ai l’impression que votre concept d’interview, chère Madame Cécile, n’est qu’une astuce pour identifier les auteurs atteints du syndrome d’Alain Delon, à savoir ceux qui prennent plaisir à parler d’eux à la troisième personne. Comme c’est son cas (si vous saviez le melon qu’il a), il est tout content (si vous pouviez voir ça). Bon, pour tout vous dire, je ne crois pas qu’il lise trop de sociologie. Il a essayé deux ou trois pavés de Bourdieu, qu’il a définitivement refermés au bout d’une dizaine de pages, parce qu’il n’y pigeait que dalle. Mais la sociologie n’a pas attendu les sociologues pour s’exprimer à travers les livres. Ainsi, je sais qu’il a lu beaucoup de romans noirs américains, des trucs assez vieux, hein, du début du XXème siècle : David Goodis, Charles Williams, Jim Thompson, Albert Isaac Bezzerides (La longue route, un grand roman méconnu), des bouquins qui lui ont parlé de manière très intime, parce qu’il y a reconnu sa propre expérience du monde social, justement. Ah, tiens, il me dit d’ajouter Tom Kromer, auteur d’un roman magnifique et totalement désespéré, Les vagabonds de la faim. Mais votre question est plutôt bien sentie, oui. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué mais le roman noir à tendance sociologique semble renaître depuis quelques années. Durant ma gestation, j’ai aperçu sur la table de nuit L’été circulaire de Marion BrunetIl est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca LighieriNino dans la nuit de Capucine et Simon Johannin…

Revenons à vous, cher Roman de Jim, et à ce qui se trame au cœur de vos pages noircies par Pierric Bailly. Aymeric, le narrateur de votre histoire tombe amoureux d’une femme dont le ventre s’arrondit chaque jour un peu plus et devient par la force des choses père de cet enfant qu’il n’a pas conçu. Un rôle qu’il endosse sans se poser de question, un rôle qu’il découvre et où il finit par se lover avec délice mais un rôle qu’on va un jour lui retirer. Tout se fissure alors mais notre jeune premier ne moufte pas, ne réagit pas. Dans un monde où l’attaque immédiate sans réflexion ni recul régit nos vies, cette absence de réaction intrigue. Vous en pensez quoi, vous, du comportement d’Aymeric, cette manière de rester de marbre ?

De marbre, je ne suis pas sûr. Aymeric est terrassé par cette rupture brutale, il sombre dans une profonde dépression, dont il aura besoin de plusieurs années pour se remettre. Peut-être que ce qui vous étonne, c’est qu’il ne saute pas dans un avion pour se rendre à Montréal et retrouver Jim et Florence, mais si vous voulez savoir ce que j’en pense, puisque c’est là votre question, je comprends sa réaction, à sa place j’aurais fait pareil. Aymeric n’a jamais pris l’avion de sa vie, le concept même de voyage lui est étranger, alors évidemment qu’il reste à quai, évidemment qu’il encaisse, sans comprendre, qu’il souffre en silence. Mais il souffre, ça oui, il en bave sacrément, le pauvre.

La sidération du choc …  Rester à quai… Je pense à cette BD de Frederik Peeters, Oleg parue en janvier chez Atrabile. (Pierric la connaît-il ? Je connais pour ma part une chouette librairie lyonnaise qui l’a en stock si jamais….) Le monde va tellement vite aujourd’hui qu’il vaut mieux peut-être rester à quai que tenter de sauter dans un wagon en marche au risque de s’écrouler au sol. Comment rester soi aujourd’hui ? Comment ne pas se perdre aujourd’hui ?

Questions passionnantes, bravo. Mais je préfère répondre à celles de savoir comment ne pas rester soi et comment se perdre, si ça ne vous dérange pas. Pour ne pas rester soi, écrire, et lire, sont des solutions assez potables. Écrire permet de devenir un, voire des autres. Lire peut permettre de s’intéresser à un, voire aux autres. Et puis l’une et l’autre de ces pratiques (l’écriture et la lecture) peuvent égarer celui qui s’y adonne de bien des manières. Si vous n’aimez ni lire ni écrire (ce qui n’est pas un problème en soi), il existe d’autres façons de se paumer : les jeux à gratter, l’alcool, le VTT, que sais-je encore…

Aymeric/Pierric et le monde moderne ?

Ah bah tiens, je n’ai pas répondu à la question sur la BD. Mais moi, je ne sais pas lire, je ne suis qu’un vulgaire tas de papier. Je ne sais qu’être lu. C’est tout de même un peu triste, non ?

Quant au monde moderne, attendez je lui pose la question : Hé, ducon, qu’est-ce que tu penses du monde moderne ?

Pas de réponse. Il doit faire le sieste.

Aymeric/Pierric et la photo /le cinéma ?

Dans mes pages, si je me souviens bien, Aymeric s’adonne à la photo argentique, sans développer ses pellicules car il n’a pas d’argent. Plus tard, il devient photographe de mariage, activité autrefois pratiquée par mon auteur, figurez-vous. Le cinéma, je ne crois pas qu’Aymeric en soit très friand. A mon avis, il est plutôt du genre à regarder Koh Lanta. Et vous, Madame Cécile Coulette : aimez-vous Koh Lanta (comme dirait Françoise Sagan) ?

Aymeric/Pierric et les femmes / l’amour/ la drague?

Peut-être que si Aymeric, tout comme Pierric, rime avec pudique, ce n’est pas pour rien.

Aymeric/Pierric et son rapport à la nature ?

Bah la nature a plutôt la côte en ce moment, en tout cas dans les discours, dans les livres, je ne sais pas si vous avez remarqué. Pourtant, à ce qu’il m’a dit, quand Pierric se balade en forêt, il ne croise jamais personne. A part des chasseurs et des bûcherons. Quelques sangliers traqués. Des chamois, beaucoup, énormément. Des lièvres et des renards, souvent, en ce moment. Après, peut-être qu’il faut la laisser tranquille, hein. Après tout, les arbres et les bêtes sauvages ne nous embêtent pas des masses, quand on regarde bien. Ils s’en foutent des gens. Faut peut-être faire pareil avec eux. Tout arrêter. Ne plus dégommer les biches. Ne plus couper les épicéas et regarder pousser les cerisiers.

Mais si on ne touche plus aux arbres, on ferme toutes les librairies. Oh ben merde, alors.

Techniquement, comment avez vous été conçu ? D’abord une idée, puis des notes dans un carnet puis directement tapoté sur le clavier d’un ordinateur portable dans une pièce borgne, plongée dans la pénombre ou au contraire face à un champ de cerisiers en fleurs ? C’était long cette gestation ? Et vous souvenez vous du point final ? Qui fut la première personne à s’être penchée sur vos pages noircies d’encre ? Vous souvenez-vous des premières réactions ?

Alors il faut quand même que je précise un truc sur les cerisiers. C’est pas du tout notre arbre préféré, loin de là. Mais il se trouve que l’année dernière, pendant le premier confinement, au supermarché Atac de Clairvaux-les-Lacs dans le Jura, personne n’achetait plus le moindre arbre ni le moindre arbuste. Si bien qu’on a fini par se dévouer, on a tout pris. Forcément, il a fallu les planter. On leur a trouvé une place entre les hêtres et les poiriers (oui, je sais, ça paraît un peu n’importe quoi dit comme ça, mais on mélange les variétés, on expérimente). Et comme cette année il a gelé jusqu’à début mai et que les cerisiers (contrairement aux poiriers) sont très fragiles, ben il a fallu les protéger. Tous les soirs, un sac poubelle sur le houppier, à retirer le matin pour qu’ils puissent respirer quand même. A part ça, j’ai été tapé sur un ordinateur pas portable, lequel est installé sur une planche d’aggloméré toute moche qui repose sur deux tréteaux à deux balles probablement achetés à Brico Dépôt mais je ne peux pas vous le garantir car c’était longtemps avant ma naissance. Il y a de la lumière quand même, une petite lampe qui ressemble à celle qu’on voit au début des films Pixar, si ça vous dit quelque chose. Pour ma période de gestation, j’ai été commencé en octobre 2019, pour être envoyé à l’éditeur (manière d’anticiper la prochaine question…) en juin 2020.

Et vous cher Roman de Jim, comment trouvez vous votre enveloppe gaufrée ? Cette similitude avec tous vos frangins vous rassure-t-elle ? La fidélité est devenue aujourd’hui une sorte de vertu vintage qui finalement pourrait être perçue comme un art de vivre. POL est votre éditeur. Cela signifie quoi, être édité chez POL ?

J’adore ma couverture chaste, innocente, vierge, immaculée, mais je voudrais vous faire une confidence, j’aime aussi me faire gribouiller la façade, ça ne me dérange aucunement, j’ai même envie de dire au lecteur : n’ayez pas peur de faire chauffer le stylo quatre couleurs !

A propos de POL, il paraît qu’on y est choyé comme nulle part ailleurs. Sachez par exemple que tous les auteurs reçoivent chaque année pour leur anniversaire trois caisses de vin millésimé. Sauf Pierric, qui ne boit pas d’alcool, et à qui on envoie trois packs de Badoit.

Ce Roman de Jim est décidément taquin et peu docile à nous divulguer quelques secrets de la vie de son auteur et d’une certaine façon cette méthode visant à répondre par une pirouette nous éclaire beaucoup sur le caractère de son créateur. Libre, indomptable, Pierric ne se livre pas d’emblée. Pierric n’est guère enclin à se dénuder au premier venu.

Je profite de ce dernier moment en tête à tête avec vous, lecteur, pour vous inciter à retourner méditer devant deux illustrations dessinées par Caroline Cruzinha qui, venant de lire Le roman de Jim, accepta de me dessiner ce qu’elle avait ressenti. Certain livre n’ont pas besoin de mot : regardez, plongez, admirez puis procurez vous vite cet incroyable roman.

Cécile.

Merci à Caroline Cruzinha pour sa générosité.

Merci à Pierric Bailly pour son humour.

Merci aux éditions POL d’avoir su qu’il fallait ne pas passer à coté d’une voix pareille.

Le Roman de Jim, Pierric Bailly, P.O.L., 256 p. , 19€.

Le Chant du poulet sous vide, de Lucie Rico (éditions POL) – Entretien – Cécile

Bonjour Le chant du poulet sous vide ! Merci d’avoir accepté mon invitation. Tu es donc un livre. Un roman de 272 pages, immatriculé 9782818049426, né en mars 2020, poids 0,27 kg, longueur 20,50 cm, largeur 14 cm et 1,80 cm d’épaisseur. Belle bête !

Tout d’abord, merci chère Cécile de me permettre de m’exprimer. C’est bien la première fois qu’on me demande mon avis. D’habitude on s’adresse à l’auteur sans jamais s’intéresser à nous, les livres, alors qu’on oublie que nous sommes les premiers concernés et au cœur même de l’action ! 0,27 kg ce n’est que le poids d’un poussin mais 272 pages, c’est vrai que c’est tout un chemin. Un chemin en ligne droite en ce qui me concerne. Finalement j’ai pas trop changé de discours, j’ai affiné mon style. Au début j’étais un peu plus lyrique, on m’a allégé, des pages et des pages ont été sacrifiées. On m’a bien volé dans les plumes, Ah ah ! Et pas mal de gens se sont penchés sur mon berceau : des scénaristes de poulet, un éditeur. On m’a pas mal commenté. J’aime bien.

Entrons au cœur du sujet si tu le veux bien, décris-nous ton héroïne, cette Paule qui parcourt d’un bout à l’autre ton histoire… Qui est-elle ?

Paule est arrivée presque tout de suite, quasiment à ma naissance. Elle a commencé à m’habiter, puis doucement, presque insidieusement elle a pris de plus en plus de pouvoir. Pas facile à cerner, traversée d’élans pas évidents à comprendre. Paule aime tuer les poulets pour pouvoir écrire sur eux. Mais une fois qu’on entame une relation on ne peut plus s’empêcher de se laisser entraîner dans ses pensées, dans ses attachements. Alors mon histoire c’est finalement la sienne. Je la suis de la campagne à la ville, avec ses poulets. Elle se débat à vouloir leur rendre hommage, à les connaître autrement, tout en les tuant. Moi, je l’observe faire tout en voyant venir la catastrophe…

Mais chère Cécile, il me faut faire un aparté et vous dire quelque chose car cela vous ne pouvez pas le deviner et ce n’est certainement pas Lucie, guère généreuse en anecdotes, qui vous aurait avoué ce que je m’apprête à vous révéler maintenant : Paule a changé de sexe, c’était Paul au début. Ça m’a fait tout drôle ce changement et puis je m’y suis fait. Suis pas réac comme livre.

Je te trouve un style très tranchant, comme les couteaux de ta Paule… T’es pas du genre à nous compter fleurette, n’est-ce pas ?

Je peux sembler froid, mais je dirais plutôt que je suis incisif. Je vais droit au but, sans détour, je coupe, je tranche, d’ailleurs, je suis plein de serpettes. Mais à certaines pages, je sais être doux et rond, quand ce sont les vies de poulets qui me marquent. J’aime particulièrement ces pages en moi, qui, en quelques lignes, retracent la vie des poulets qui m’habitent. Je ne suis pas dur, je suis juste. Je suis sentimental vous savez.

Tu es, si je puis me permettre, plutôt carnivore que végan, mais si tu devais toi même te définir, tu dirais….

Vous savez, il y a plus de 100 poulets sans tête dans mes pages, alors je n’ai rien d’un livre sur le développement personnel. Je suis traversé d’une certaine mélancolie mais je ne manque pas d’humour. Je peux donner de furieuses envies de sourire, rire même, comme inspirer de grandes interrogations. Entre les mains du lecteur qui me porte on peut déceler quelques tremblements, frissons, agitations, preuve de ma vivacité, de mon ardeur. J’ai des tripes quoi.

Revenons à ton arrivée en librairie, en mars… Ça t’a fait quoi d’avoir été confiné à peine sorti de chez l’imprimeur ?

Finalement ça faisait trois ans que j’étais confiné, dans l’ordinateur de Lucie Rico et au moment où je prends forme, paf, on me reconfine ! Ça me rend très solidaire de tous les poulets sous vides en supermarché mais j’avais hâte de prendre mon envol. Après, il y a quelques librairies où on m’avait fait un nid douillet, j’étais pas si mal, avec de beaux voisins. On s’est pas mal fendu la poire pendant ce premier confinement. Faut dire qu’en librairie, on était en nombre, difficile de parler d’isolement.

As-tu fait des rêves pendant le confinement ?

Oui. C’est assez confus car j’étais emballé dans un papier cadeau, on me secouait dans tous les sens quand soudain je chutais violemment sur le sol. L’odeur de la terre battue. Je reprenais connaissance quand un petit bec s’agitait sur mon corps, il déchirait le papier et me délivrait. La lumière jaillit, il était là, Gérard le borgne, page 32, et me regardait fixement.

Et ton pire cauchemar ?

Être emballé dans du cellophane. Je suis un peu claustro.

J’ai habilement noté que tu avais deux polices de caractère, tu n’aurais pas une tendance à la schizophrénie ?

Quelle perspicacité Cécile ! Mais non, bien au contraire, le dédoublement est utile et rend la traversée de mon espace plus claire.

Quels rapports entretiens-tu avec ton auteur ?

Comme je suis son premier, elle me couve pas mal, fusionnelle vraiment. J’aimerais qu’elle me lâche un peu. On s’est beaucoup vus. Maintenant, hop hop hop, c’est les lecteurs qui m’intéressent.

Être un premier livre est-ce une grande responsabilité ?

Pas plus que d’être l’aîné dans une famille.

Aimerais-tu un petit frère ?

J’espère…

A quel moment préfères-tu être lu ?

J’ai un petit faible pour le n’importe quand, n’importe où.

Ton souhait le plus cher ?

J’espère au fond de moi que mes pages seront tournées par des lecteurs et qu’ils sentiront comme le papier est doux au toucher, comme l’est le plumage de Victor, Louisette, Aval.

Tu sembles aimer le contact?

Oui, je suis assez sensible à la caresse, ma qualité de papier me dispose à la sensualité

Es tu satisfait de ta forme ?

J’adore, je m’adore : tout blanc tout côtelé, avec ce petit logo dessus, je suis une vraie beauté, j’aurais pas pu rêver mieux. Fallait voir mon auteur quand elle m’a découvert. J’ai quand même plus de mordant que quand je défilais sur son ordinateur.

Ta plus grande peur ?

Finir dans les toilettes.

Tu me fais rire, le papier toilette est aujourd’hui un produit très tendance, on l’expose jusque dans les vitrines de certaines librairies !

Eh bien mon cher « Chant du poulet sous vide », pour moi, lectrice et libraire, ce fut une double joie, celle de te lire, de me gaver de tes mots, de cette histoire somme toute farfelue mais qui apporte pas mal de grains à la réflexion sur ce monde moderne qui tourne moyennement rond, et puis t’avoir sous la main dans la librairie où j’exerce, te voir tous les jours en pile, pile qui fond, pile que j’alimente, pile que je chouchoute, parler de toi, te mettre entre les mains de tes futurs lecteurs, c’est tellement excitant.

Merci mon Poulet, et maintenant, à table !

Cécile.

Le chant du poulet sous vide, Lucie Rico, P.O.L., 272 p. , 18€90.

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