Le Doorman, Madeleine Assas (Actes Sud) – Hélène

Un premier roman comme la promesse d’une histoire qui ne pouvait que me plaire.

Photo : Hélène Deschère.

Parce qu’un lieu : la ville de New-York. Rêvée pendant des années, j’ai pu arpenter ses rues en 2015. Marcher dans ses rues quadrillées, prendre le métro, passer d’un quartier à l’autre en ayant l’impression de changer de ville, avoir le nez en l’air tout le temps. Une des activités préférées de Ray dans ce texte est de déambuler dans les rues de la ville avec son meilleur ami Salah. Prétexte merveilleux pour voir évoluer la ville, passer d’un endroit où on évite de se rendre à cette fameuse gentrification qui repousse toujours plus loin des centres-villes les classes populaires.

Parce qu’un métier : Doorman. Ou comment se faufiler dans un grand immeuble et entrer dans la vie des résidents. et résidentes. Voir les enfants grandir (comme Alma), certains partir, d’autres rester. Ne pas les connaître intimement et pourtant en savoir plus que leurs proches sur leurs habitudes. Et les discrets que l’on voit guère mais qui sont là. Une mini comédie humaine dont le Doorman et la personne qui lit, par ricochet, sont spectateurs. Avec un plaisir non dissimulé.

Parce qu’un personnage : Ray. Un enfant qui grandit à Oran avant d’atterrir à New-York et d’y passer toute sa vie d’adulte. Un homme assez solitaire et discret pourtant entouré de nombreuses personnes, dans une des villes les plus remuantes et bruyantes du monde. Un homme dont la vie nous est racontée par épisodes, au gré d’une construction ingénieuse, alternant les récits de l’immeuble, les souvenirs de Ray et sa vie actuelle.

Un excellent premier roman qui est à la fois un récit de vie dense, une plongée dans un New-York fascinant et loin du seul mythique. Un voyage à la fois intérieur et extérieur, comme un parallèle entre l’évolution d’une ville et la vie d’un homme.

Hélène.

Le Doorman, Madeleine Assas, Actes Sud, 384 p. , 22€.