Un été en BD, épisode 1 – New York Cannibals, Boucq & Charyn (Le Lombard) – Yann

Photo : Yann Leray.

Impossible, pour celles et ceux qui l’ont lu, d’avoir oublié le très bon et très noir Little Tulip, publié en 2014 (mêmes auteurs, même éditeur). Le retour du prolifique Jérôme Charyn au scénario et du talentueux François Boucq au dessin s’annonçait donc comme une très bonne nouvelle. Et le tandem ne déçoit pas avec ce New York Cannibals, qui reprend les choses 20 ans après la fin de son prédécesseur.

Azami, la fille adoptive de Paul, a grandi et est devenue flic. Gavée de stéroïdes et autre substances, elle en impose par sa force et sa carrure, impressionnant ses collègues du boulot autant que ceux de la salle de muscu où elle a ses habitudes. Mais la médaille a son revers et l’abus de produits dopants lui interdit d’avoir des enfants. Le jour où elle trouve un bébé dans une poubelle, le désir de se l’approprier pour l’élever prend le pas sur la raison et elle l’emmène chez Paul qui, de son côté, se retrouve confronté aux fantômes de son passé au goulag.

Peuplé de saints et de démons, New York Cannibals met en scène une humanité fracturée, un monde de laissés pour compte au sein duquel la survie quotidienne ne s’acquiert la plupart du temps qu’au prix de la violence. Entre réminiscences de l’enfer de la Kolyma et réalité des bas-fonds new-yorkais, Paul et Azami sont ainsi confrontés à la cruauté des gangs et des trafiquants de tout poil.

Inexorablement noir et dur, New York Cannibals, grâce à l’imagination de Charyn et au dessin exceptionnel de son acolyte, parvient à garder une certaine lumière à travers quelques portraits saisissants. Dans un décor particulièrement réaliste, Boucq et Charyn déroulent leur histoire avec le savoir-faire des vieux briscards qu’ils sont et le résultat devrait marquer les esprits au moins autant que l’avait fait Little Tulip.

Yann.

New York Cannibals, Boucq et Charyn, Le Lombard, 145 p. , 24€50.