Jarred vient de subir un grave accident de la route. La personne qui était à ses côtés dans la voiture est morte, lui est maintenant paraplégique. À la douleur de tout cela s’ajoute une réalité cruelle : il n’a rien ni personne, ne pourra se débrouiller seul et se voit contraint de contacter son père à qui il n’a pas parlé depuis 10 ans.

Commence une cohabitation délicate. Qu’a-t-il bien pu se passer entre le père et le fils pour que leur relation soit si électrique voire même haineuse du côté de Jarred ? Ce père, Jack, qui semble si affaibli et pourtant vouloir tout faire pour soutenir son fils, était-il un monstre dix ans auparavant ?

Petit à petit, alors que Jarred doit combattre ses vieux démons, dépasser de lourdes phases d’auto-apitoiement, se forcer à continuer, son enfance et son adolescence se révèlent et nous aident à mieux comprendre la distorsion du lien père-fils.

Maintenant que j’ai bien plombé l’ambiance, je dois vous avouer que ce qui fait le charme fou de ce livre c’est l’humour grinçant qui habite ses pages du début à la fin. Malgré l’acharnement que met Jarred à s’enfoncer toujours plus loin dans le malheur, une petite lueur est toujours là, celle de son esprit affûté armé d’un second degré le plaçant toujours un cran au-dessus de la médiocrité qui semble l’entourer.

Je vous conseille fortement de lire cette merveille qui vous fera hésiter entre colère, rire et larmes et vous hantera longtemps.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville.

Aurélie.

Le Lâche, Jarred McGinnis, Métailié, 304 p. , 22€.

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