La Cité des nuages et des oiseaux est un mystérieux manuscrit datant de l’Antiquité. Il va être le lien, à travers les siècles, entre des personnages n’ayant à priori rien en commun à part une fascination étrange pour ce texte.

De la prise de Constantinople au XVe siècle à un futur enfermé dans une capsule à destination d’une lointaine planète en passant par une petite bibliothèque de l’Idaho de nos jours, une multitude de situations vont s’imbriquer les unes dans les autres, formant un puzzle extraordinaire, une aventure absolument passionnante nous faisant dévorer avec grande fébrilité les 700 pages de ce texte grandiose.

Ce roman fait sans aucun doute partie de ces livres majeurs qui laissent leur marque pour longtemps comme L’Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon. Et ce n’est pas un hasard si je choisis cet exemple, les bibliothèques occupent dans chacun une place essentielle. L’écrit est ici au centre de l’intrigue, il abolit l’espace et le temps et ceux qui le maîtrisent, professeurs, traducteurs, bibliothécaires, ont un rôle indispensable à jouer dans l’évolution de notre Vieux Monde.

Époustouflant, génialissime, ultra enrichissant du point de vue historique, vraiment surprenant… Je n’arriverai pas à transcrire à quel point cette lecture m’a touchée. Une chose est sûre, il va falloir que vous lisiez ce grand roman américain, un des meilleurs que j’aie pu découvrir depuis le début de ma carrière de libraire.

Une petite citation pour terminer : « Mon enfant, chacun de ces livres est un portail, une ouverture qui te donne accès à un autre lieu, à une autre époque. Tu as toute la vie devant toi, et ils ne te feront jamais défaut. »

Aurélie.

Photo: Fanny

J’ai comme fait un grand voyage :
À l’intérieur d’une capsule dans un futur proche, de nos jours au sein de la bibliothèque municipale de Lakeport, au cœur de la cité de Constantinople durant le XV ème siècle, nichée dans le massif des Rhodopes en Bulgarie, toujours vers 1440.

La cité des nuages et des oiseaux est une chasse aux trésors, une épopée, un tissage de destinées entre passé, futur et présent. Avec cette question qui devient existentielle: la littérature peut-elle sauver des vies?
Anthony Doerr – traduction Marina Boraso – est la clé de voûte d’une histoire multiple et singulière que je n’ai pas peur de qualifier de chef-d’œuvre, si, si.

Ils sont au départ cinq enfants en passe de devenir adolescent-e-s. Cinq jeunes poussés dans une vie au sein de laquelle, en grandissant, ils essayent de donner un sens. Forcément il y a des choix, des désillusions, de l’incompréhension, de la violence.
Konstance, Anna, Omeir et Seymour.
J’ai vu se créer, avec la première lettre de leurs prénoms, le mot « Kaos ».
En grec ancien, Kaos signifie l’espace préexistant à toutes choses, et, notamment, à la lumière.
Je n’oublie pas l’intense et discret Zenos, enfant migrant, passionné de mythologie grecque, le seul à traverser ce roman en mélangeant son présent et son passé.
Ces cinq enfants là font palpiter ce roman.
Chacun-e, à sa manière, participera au soulèvement des secrets nichés autour de ce récit grec en prose datant de l’Antiquité, nommé La cité des nuages et des oiseaux, écrit par Antoine Diogène.
Antoine Diogène était un écrivain grec de l’époque romaine, auteur d’un récit de voyages fabuleux en vingt-quatre livres intitulé « Les merveilles d’au-delà de Thulé ».
C’est en commençant par ce codex – réel – traduit par son personnage- fictif – nommé Zenos, que l’auteur américain nous entraîne dans une véritable épopée, discret hommage à un de ses livres préférés, Cosmicomics d’Italo Calvino, pour ce qui est de cette réflexion sur la lecture, la littérature et ce jeu entre espace et temps.

Dans cette intense construction, pas un seul temps mort, des rebondissements tu en auras petit-e Jedi.

Anthony Doerr nous offre, une nouvelle fois, un sacré « page-turner », édifiant, palpitant, hommage aux livres jalonnant nos vies, construisant nos esprits.
« (…) Anna se rappelle alors ce que lui disait Licinius: raconter une histoire est une façon d’étirer le temps. »

Coup de cœur et plus encore.

Fanny.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marina Boraso.

La Cité des nuages et des oiseaux, Anthony Doerr, Albin Michel – Terres d’Amérique, 704 p. , 24€90.