J’ai lu presque tous les romans de Benoît Séverac. À chaque nouveau roman, j’ai l’impression de redécouvrir l’auteur.

Le dernier roman que j’ai lu, Tuer le fils, était excellent.

Le tableau du peintre juif est encore meilleur.

L’auteur a ce talent de sans cesse changer de thème, d’époque, et d’exceller dans chacun d’eux.

Dans ce dernier roman, il nous fait voyager dans deux époques.

Fin 1943, début 1944, Eli Trudel, peintre juif, et sa femme, doivent fuir en zone libre puis en Espagne via les réseaux de la Résistance du Sud de la France. Ils n’emportent avec eux que quelques affaires et les tableaux d’Eli.

Willy Eisenschitz (1889-1974)

De nos jours, Stéphane hérite d’un tableau qui est dans la famille depuis la Guerre. Cette aquarelle a été offerte par un peintre juif, Eli Trudel, à son grand-père, en remerciement pour avoir sauvé la vie de sa femme et de lui-même. Stéphane alors n’a plus qu’une obsession : faire reconnaître son grand-père comme étant un « Juste ».

On va donc suivre Stéphane dans cette obsession, cette sorte de quête de reconnaissance par procuration qui va l’emmener sur les traces d’Eli et de sa femme mais aussi au cœur des réseaux de la France libre, les FFI, ceux qui risquaient leur vie pour en sauver d’autres.

Comme tous les romans parlant de ces hommes et ces femmes de la Résistance, ce livre résonne d’une façon très particulière et intime en moi.

Parce qu’il parle aussi de ma région, cette histoire m’a touchée même si j’ai parfois trouvé le personnage pathétique, tout comme sa femme va considérer Stéphane pendant un moment en tout cas. On a envie de lui dire d’arrêter, que c’est du passé, que ses grands-parents auraient fait la démarche s’ils l’avaient voulu.

Et puis on commence à se passionner pour l’histoire d’Eli Trudel, on a bien envie de découvrir ce qu’il s’est passé. Ont-ils survécu ? Ce fameux tableau a-t-il été volé ?

Benoît Séverac nous apprend un pan d’histoire à travers ces personnages, des personnages qu’il ne ménage pas d’ailleurs.

C’est une belle et tragique histoire qui est loin de finir comme on s’y attend, ou comme on l’espère.

Encore une superbe pépite de la rentrée littéraire.

LauLo.

Le tableau du peintre juif, Benoît Séverac, La Manufacture de Livres, 320 p. , 20€90.