Un titre qui claque, une couverture qui interpelle, il n’en faut souvent pas plus pour se laisser tenter, surtout si l’on y devine la possibilité d’un hommage au King. Certes, Nicolas Pegon ne sera ni le premier ni le dernier à verser son obole à Elvis (souvenons-nous du formidable Syndrome de Warhol qu’il vous faudra chercher d’occasion si la curiosité vous prend) mais il le fait avec style et assurance. On avait loupé Les os creux la tête pleine, son premier essai paru aux Éditions Réalistes, autant dire tout de suite que celui-ci nous donne envie de corriger le tir.

« César et Alexandre, deux losers magnifiques, et le clébard sans nom qui leur colle au train, sur la piste d’un accident maquillé en meurtre maquillé en suicide (pas forcément dans cet ordre). Une virée funky entre Twin Peaks et Bukowski dans une Amérique périurbaine préapocalyptique sous l’oeil impavide et miséricordieux du dieu Elvis .. ». (4ème de couverture).

© Nicolas Pegon.

En suivant les investigations bancales de ses deux anti-héros, Nicolas Pegon nous offre une plongée dans cette Amérique des marges, celle de la fragilité économique et des décors anonymes et glauques où tente de survivre une faune hétéroclite et déclassée. Cette Amérique qui nous fascine aussi, il faut bien le reconnaître, loin de l’american dream auquel plus personne ici ne croit depuis longtemps.

©Nicolas Pegon.

Si le récit est mené d’une façon plutôt classique, Nicolas Pegon se montre particulièrement à l’aise au niveau graphique et offre des planches impeccables qui devraient convaincre les amateurs du genre et, cerise sur le gâteau, livre quelques dialogues pas piqués des hannetons. On appréciera également la critique discrète mais omniprésente d’un système médical à bout de souffle.

Petit régal de noir, Hound Dog tient toutes ses promesses et danse au bord du volcan, dans un monde en fin de course.

©Nicolas Pegon.

Yann.

Hound Dog, Nicolas Pegon, Denoël Graphic, 196 p. , 24€90.

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