Entrée parfaitement réussie en littérature de langue française pour Dalva avec ce 1er roman d’une sensibilité renversante.

Sarah, jeune algéroise rencontre Karim sur son lieu de travail. Il est un des avocats d’un cabinet français qui défend son entreprise régulièrement.

L’histoire peut sembler banale : ils se plaisent, commencent une liaison mais Karim est marié et quitte régulièrement Alger pour Paris, laissant derrière lui une Sarah de plus en plus attachée à lui.

Mais bien sûr rien de banal dans cette histoire d’amour et dans la façon dont la traite Mina Namous. Karim reste à distance, on a assez peu accès à ses sentiments tandis qu’on a l’impression que Sarah se confie à nous, qu’on est juste à ses côtés, qu’elle se livre totalement.

On s’installe très vite dans son intimité sans toutefois jamais partager ou presque les moments d’amour charnel qu’elle vit avec Karim. Le point de vue est à la fois étonnant et tout à fait juste : c’est l’Algérie, c’est la ville où se déroule leur histoire, c’est le regard des autres qui imposent cette distance.

Que ce soit au cours d’une réunion professionnelle, dans une rue bondée ou un restaurant, c’est le jeu des regards qui compte, le frisson provoqué par la sensation d’une complicité énorme mais totalement (ou sciemment) ignorée par ceux qui les entourent.

La clandestinité protège le secret de leurs ébats des yeux du lecteur mais le procédé d’écriture et la douce force qui imprègne la plume pleine de mélancolie de l’autrice rendent toute l’intensité du lien tissé entre Sarah et Karim.

Je me rends compte que j’ai été très bavarde mais promis, je ne vous ai pas tout dit, ce livre est d’une richesse incroyable, vous avez encore tout à découvrir. Tout ce que je peux écrire ne suffira pas à décrire comme on se sent bien entre ces pages, comme Sarah devient notre meilleure amie, comme on rêve de la suivre dans les rues de sa ville.

Lisez ce fabuleux roman et on en reparle de vive voix !

Aurélie.

Amour, extérieur nuit, Mina Namous, Dalva, 237 p. , 18€90.