La Patience de l’immortelle, Michèle Pedinielli (L’Aube) – Aurélie et Hélène

La patience n’est certainement pas la plus grande des qualités de Diou Boccanera mais il va pourtant lui en falloir pour enquêter sur le meurtre de la nièce de son ancien compagnon. Dans un petit village de Corse où elle n’avait pas remis les pieds depuis un bail, elle renoue avec le silence des habitants, les regards à la dérobée, les paysages à couper le souffle et une vision toute insulaire de la justice. À force de fourrer son nez là où il ne faut pas, il pourrait bien lui arriver quelques bricoles et même si elle nous fait sourire avec son cynisme et son humour subtil toujours prêts à dédramatiser les pires situations, on n’en frissonne pas moins pour elle…

J’ai dégusté ce polar avec lenteur et délectation, trop heureuse d’avoir la chance de partager un bout de chemin avec une héroïne qui nous fait entrer dans son univers avec autant de générosité et de simplicité. Je crois sincèrement qu’on a tous besoin d’une Diou dans sa vie. Idéalement une version 3 D avec qui aller boire un café. Mais on saura se contenter de la version papier, tant ce personnage marque les esprits.

Photo : DR.

Diou est enquêtrice privée. La cinquantaine assumée mais sans le carcan qui va avec. Diou s’en fout de ce que l’on doit être selon son âge et les normes sociétales. Alors elle continue de vivre en coloc avec son meilleur ami, de ne pas laisser sa sexualité de côté, de lire ses polars favoris dans le fond de son lit entre deux Xanax parce que l’alcool et la cigarette, elle n’a plus le droit. Tout en s’assurant que les gens du coin vont bien. Parce que Diou est le genre de personne qui fait les courses de son vieux voisin, garde le chien fou de ses meilleures copines, aide son garagiste à rester ouvert ou encore file un coup de main dans son bistrot du coin favori. Diou aime les gens et déteste l’injustice. Ça lui troue le bide et le cœur. Alors souvent, on fait appel à elle pour résoudre une énigme. Un conjoint retrouvé assassiné, la nièce de son ex visiblement assassinée, ou le corps d’un jeune migrant dont tout le monde se fout sauf elle.

Faites la connaissance de Diou en commençant par le premier tome Boccanera, puis le second Après les chiens et enfin La Patience de l’immortelle. De toute façon, quand vous aurez commencé, vous ne voudrez pas la quitter et vous enchainerez les trois. Parole de libraire qui en pleine période de Noël a envoyé paître ses lectures urgentes pour rester avec Diou. Et parce que les quelques personnes qui m’ont écoutée, sont revenues dans les jours d’après pour avoir la suite.

Diou, elle fait du bien malgré la noirceur qui l’entoure. Parce que son humanité est palpable, parce qu’elle est drôle, parce qu’elle est vraie.

Diou, je t’attends pour le café, tu viens?

Aurélie.

Tu te souviens de Diou? Je t’en ai parlé le 1er décembre. Et bien figure-toi que dix jours après la lecture du premier roman de la série, j’ai craqué et j’ai lu le second.
Diou me manquait. Oui, je sais, je parle d’un personnage de fiction. Mais je te défie de ne pas tomber en amour devant cette femme. Elle me fait rire, beaucoup (j’ai failli cracher mon café quand le nom Manuel Valls est apparu), elle me touche, énormément (j’ai fini le roman les yeux humides) et j’admire sa capacité à ne pas se laisser dicter quoi que ce soit, dans le plus grand respect des êtres vivants qu’elle croise. Et encore une fois, la galerie d’humains qui gravitent autour d’elle est un joyeux mélange de gens qui tu as envie de croiser dans ta vie. J’ai envie d’aller manger aux travailleurs voir Colette, boire un café avec Dan, et assister à une joute verbale entre Jo et Diou. J’ai pas de Vespa mais je rencontrerai volontiers Mohammed et sa femme, Dag et Klara et presque même Scorsese (le chien, pas le cinéaste, quoique).
Je crois que l’autrice a un talent fou pour rendre ces personnages vivant et attachants.
Si en plus, le polar est politique, met en scène une femme de 50 ans à la sexualité assumée et libre (vas-y cherche, c’est pas si courant) un peu anar, un peu déprimée, drôle, avec un cœur qui déborde d’amour pour les êtres vivants en général, comment résister.
Et le petit plus? Diou lit des polars et me donne envie de lire les auteurs dont elle parle (Andrea Camilleri notamment).

Je crois que toi aussi, derrière ton écran, tu mérites d’avoir Diou dans ta vie.

Hélène.

La Patience de l’immortelle, Michèle Pedinielli, L’Aube Noire, 224 p. , 17€90.

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