Photo : Thierry Le Fouille/SIPA.

Alma est juge d’instruction antiterroriste depuis 7 ans. On est en 2016, ces derniers mois son quotidien au tribunal s’est fait de plus en plus rude. Du côté de sa vie personnelle, après des années d’un mariage se délitant peu à peu, elle a l’impression d’être enfin face au grand amour. Une liaison délicate à mener dans le petit monde de la magistrature… En quelques semaines tout ce pour quoi elle vivait va être remis en question.

Karine Tuil arrive à nous faire ressentir chaque moment de doute, d’angoisse de son héroïne. Une fois encore elle a dû passer des heures et des heures à se documenter pour nous livrer au mieux l’intimité de cette femme qui occupe l’un des postes les plus sensibles de notre République. De drames personnels ressentis comme des déflagrations jusque physiquement dans son coeur à des responsabilités professionnelles de plus en plus dures à porter, Alma va être confrontée à plus d’une décision à prendre et à toutes les conséquences qui en découleront. Mais quelle sera la plus importante de toutes ?

Le regard porté par l’autrice sur cette femme, sur cette profession, sur les enjeux de notre société actuelle est d’une acuité impressionnante. C’est parfaitement juste, très sensible, tellement sensible d’ailleurs qu’arrivée aux pages 223-224, j’ai été obligée de refermer le livre pour quelques minutes. Prendre le temps de respirer, de faire le point avant de plonger dans la partie la plus bouleversante du roman, d’accompagner et de soutenir Alma jusqu’au bout.

Un de mes plus gros coups de coeur de ce début d’année !

Aurélie.

La Décision, Karine Tuil, Gallimard, 295 p. , 20€.

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