Pierre Lemaitre est peut-être bien le Maître du Monde euh… pardon… de cette rentrée d’hiver !

Cette grandiose saga détrône pour moi sa précédente (tout en gardant avec elle un lien qui nous explose au visage assez tard dans le roman). L’auteur a pris de l’assurance, a affûté son humour, a creusé ses personnages jusqu’à les rendre complètement irrésistibles.

C’est simple, j’avais à peine lu quelques pages que je me sentais déjà au Paradis, me disant que tous les autres livres que j’avais en lecture ne pouvaient faire tout à fait le poids face à ce romanesque fou et à la façon bien à lui que Pierre Lemaitre a de jouer avec les mots et l’Histoire.

De Beyrouth, siège de la famille Pelletier où Angèle et Louis se sont installés depuis des années pour faire prospérer une fabrique de savons, leurs enfants vont prendre leur envol vers un monde qu’ils pensent plein de promesses ou du moins assez éloigné de leurs parents pour échapper à la gentille routine qui les écrase depuis toujours.

Alors qu’Étienne prend l’avion pour Saïgon pour y retrouver son grand amour, François et Jean sont déjà à Paris où ils mènent une vie qui ne correspond pas tout à fait à ce dont leur père rêvait pour eux. Quant à Hélène, la petite dernière de 17 ans, elle pourrait bien elle aussi réserver quelques surprises à ses parents…

1948 sera pour eux l’année de tous les bouleversements. Ajoutez à leurs multiples aventures personnelles un scandale financier en Asie et un meurtre qui fait grand bruit à Paris et vous aurez tous les ingrédients pour passer quelques nuits blanches complètement prisonniers de cet extraordinaire roman.

Si vous m’aviez vue à la librairie le lendemain de ma lecture ! Petit sourire aux lèvres, yeux fous, je n’avais pas encore tout à fait quitté ceux qui sont un peu devenus les miens au cours de ces presque 600 pages.

Aurélie.

Le Grand monde, Pierre Lemaitre, Calmann-Lévy, 592 p. , 22€90