Les Français sont nombreux chaque automne à acquérir le Goncourt. Cette année, achetons-le mais surtout LISONS-le. Avec lenteur, délectation, émerveillement pour la construction complexe du roman, profond respect pour cette plume éblouissante.

Suivons Diégane, jeune auteur sénégalais, qui se lance sur les traces de T.C. Élimane, mystérieux écrivain étant resté insaisissable tout au long de son existence et dont le seul livre connu a rencontré un destin tragique.

Qui était l’auteur du Labyrinthe de l’inhumain ? Pourquoi prend-il autant de place dans l’esprit de Diégane ? Alors que celui-ci commence une quête littéraire qui le mènera de Paris à Amsterdam, du Sénégal à l’Argentine, ce sont des pages magnifiques qui s’offrent à nous : une profonde réflexion sur l’écriture et le monde de l’édition, une analyse subtile des conséquences du colonialisme et de l’exil sur les grands esprits ayant quitté leur pays d’origine, un humour très présent, une passion charnelle et amoureuse intrinsèquement liée au pouvoir des mots.

J’avais commencé la lecture de ce livre avant qu’il obtienne le Goncourt, une amie libraire ayant attiré mon attention sur ce texte qui semblait vraiment à part dans cette rentrée littéraire. Mais je n’avais alors pas assez de temps à lui consacrer. C’est pour moi un roman qui demande une grande attention, presque la mise en place d’un cérémonial de lecture pour pouvoir ne rien gâcher de ses pages, se laisser embrasser par ses mots et emporter dans son univers unique. Je lui ai donc offert deux dimanches en ce mois de novembre bien chargé à la librairie, loin de mon papillonnement de lecture habituel et je vous souhaite de partager bien vite le même enchantement.

Bravo et merci aux éditions Philippe Rey et Jimsaan, à Mohamed Mbougar Sarr pour ce grand texte.

Aurélie.

La plus secrète mémoire des hommes, Mohamed Mbougar Sarr, Philippe Rey, 461 p. , 22€.

Publicité