Un été en BD, épisode 3 – Les mains de Ginette, Une histoire d’amour, Olivier Ka & Marion Duclos, Gilles Bachelet (Delcourt / Mirages et Seuil Jeunesse) – Gaëlle

* * *

Ah Ginette !
Sacrée Ginette !

On l’aurait bien vu dans le Telefon de Nino, cousine putative de Bernadette sauf que Ginette, non, elle n’est pas très chouette, mais alors pas du tout.
🎶 La Ginette n’est pas très chouette / Dans sa cuisine / craint les gourgandines / Elle est rongée / de jalousie / Je dirais même / que c’est une harpie 🎶

Elle a sa chanson Ginette, mais elle ne lui va pas bien.

Non, cette Ginette-ci est abîmée alors elle abîme, mais fort, et bing ! et bim ! , tout ce qui l’aime, tout ce qui la touche.

Ce serait l’histoire de la main de fer dans le gant de velours, sauf qu’il est de caoutchouc le velours, ou de cuir, en tout cas de ménage. Et que son ménage, à elle, s’en casse la margoulette.

C’est ballot, ça commençait bien, mais voilà, c’était trop beau.
Marcelin, droguiste drogué des mains, tombe sous le charme des doigts et du doigté de Ginette. Et puis du poing. Happée par ses vieux démons, Ginette dérape jusqu’à la dégringolade, la dégoulinure finale (qui n’est pas sans rappeler une fameuse scène des Gremlins, mais chut).
Si l’on peut lire une vie dans les lignes de la main, peut-être peut-on lire une « dévie » dans les fissures d’un Mapa ? Est-ce qu’un enfant atrophié devient forcément un adulte mutilé ?

C’est chouette comme une chanson de guinguettes des années 40.
Et les dessins et couleurs de Marion Duclos n’y sont pas pour rien.

Les mains de Ginette, Olivier Ka & Marion Duclos, Delcourt/Mirages, 104 p., 16,50€.

Et c’est ainsi que se dévide sous nos yeux le fil d’une vie.

Qui m’a ramenée à l’excellent album qu’avait écrit et illustré Gilles Bachelet il y a quatre ans. Ça aurait pu s’appeler Une vie de gants, ça s’appelait Une histoire d’amour, et c’était beau.

Ils se rencontrèrent un jour, c’était fatal, à la piscine.

Ils se rencontrèrent, s’émurent, s’aimèrent, se marièrent et eurent beaucoup de petits gants.
On suit Josette et Georges des premiers émois au sortir de l’eau, en passant par les premiers accords (sur Jeux Interdits) jusqu’à leurs vieilleries. Et même un peu après.

C’est émouvant, c’est croqué avec l’humour légendaire du Sieur Bachelet, niché dans les détails et les détournements jubilatoires des objets du quotidien (l’humour niché, par le Sieur Bachelet). Et son regard mi-tendre mi-amusé sur ce couple comme les autres. Manifestement c’est résistant le caoutcho-vinylo-latex.

Je me souviens, j’en avais fait un cadeau de Noël « à l’époque », et ça avait beaucoup plu. On avait bien ri.

Une histoire, d’amour, Gilles Bachelet, Seuil Jeunesse, 32 p., 15€.

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