Focus sur les éditions Marchialy – Hélène

Fondée en 2016 par Cyril Gay et Clémence Billault, cette jeune maison d’édition publie des textes de non- fiction, explorant des territoires très différents, tels que l’enquête journalistique au long cours, du gonzo journalisme, la réédition de grand reportage écrit et bien d’autres merveilles à découvrir. Et ces deux dénicheurs de textes ont confié la réalisation de toutes les couvertures à Guillaume Guilpart qui en fait des objets uniques, beaux et crée un catalogue cohérent, tant sur le fond que sur la forme.

Nous vous invitons à découvrir le catalogue en entier mais aujourd’hui, on va s’intéresser à trois titres en particulier :

Les pièces manquantes, Manon Gauthier.

Ici, il y est question du Zodiac, ce tueur insaisissable qui a donné des sueurs froides à pas mal de monde dans les années 70 aux États-Unis.
Un homme, Gary, sort un livre dans lequel il raconte pourquoi il sait qu’il est le fils du Zodiac et par conséquent pourquoi il peut l’identifier.
Manon Gauthier, au moment où sort ce livre est au début de sa carrière et cherche un bon sujet.
Tout en se débattant avec une histoire familiale complexe.
Ce récit montre comment on s’arrange avec nos traumatismes, comment on essaie de les dépasser et comment notre cerveau fait tout pour nous sauver, quitte à nous flouter un peu la vérité.

Ça se lit comme un polar, ça fait tilt sur les biais cognitifs et les questions d’identité, ça calme sur nos stratégies de survie.

Photo : Hélène Deschère.

Les pièces manquantes, Manon Gauthier, Marchialy, 244 p. , 19€.

Les fossoyeuses, Taina Tervonen

Rarement un récit sur un sujet si difficile m’aura paru si humain et surtout si passionnant.
Dans ce texte, la journaliste Taina Tervonen raconte sa rencontre avec deux femmes, Senem, anthropologue judiciaire et Darija, enquêtrice, qui tentent de mettre des noms sur les restes des disparus des différents charniers retrouvés en Bosnie-Herzégovine, après la guerre dans la première moitié des années 90.
Au fur et à mesure des pages, se dessinent les questions, les comment et surtout la conviction inébranlable que ce travail est essentiel. Pour la dignité des morts, de celles et ceux qui sont resté•es, des nouvelles générations.
Un récit qui raconte comment s’entremêlent les vies des vivants et des morts et pourquoi elles sont indissociables.

Trois femmes au service des autres.
Trois femmes qui luttent contre les silences, la douleur, parfois le dégoût. Qui luttent avec quasi rien, peu de matériels, peu d’aide, peu de reconnaissance.

Un récit viscéral, qui donne à voir aussi des gens à l’hospitalité généreuse, des villes et des lieux à la beauté singulière.

Un récit qui interroge ce qu’on fait de nos morts et de nos rescapés.

« Tant qu’il y a des personnes qui font ce travail, qui réparent ce qui a été détruit et piétiné, quelque chose de notre humanité à nous tous est préservé. »

Photo : Hélène Deschère.

Les Fossoyeuses, Taina Tervonen, Marchialy, 261 p. , 19€.

Les enfants de la Clarée, Raphaël Krafft.

Les enfants de la Clarée raconte ceux qui fuient leurs conditions de vie et ceux qui les accueillent. Ceux qui les exploitent et ceux qui les rejettent. Ce livre de Raphaël Krafft est comme une claque dans la gueule. Une de celles que tu vois venir (vu le sujet), une de celles qui est plus forte que prévue (t’as beau t’y être préparée, ça reste violent), une de celles qui est nécessaire (t’as beau savoir, tant que tu ne voies pas, tant que tu n’écoutes pas, c’est comme si tout était tellement loin que ça ne te concerne pas, c’est faux bien sûr).
Une enquête en France et en Guinée pour interroger les départs et voir l’hypocrisie des États.
Une des valeurs qui a été à l’origine de la volonté de création de l’Union européenne est le respect de la dignité humaine. Quand tu lis ça, tu te dis que décidément nos gouvernements n’ont honte de rien.

Cette lecture fait écho au 1 sur la prostitution des ados. Ce ne sont pas les mêmes histoires ni tout à fait le même sujet mais il y a des résonances entre les deux.

Dit comme ça, ce texte peut paraître plombant. Vue la période on se dit qu’on peut l’éviter. Mais pas du tout, c’est aussi un bouquin plein d’espoir et d’énergie grâce à ces êtres humains qui, sans vraiment se poser de questions, agissent, donnent de leur temps pour aider ces migrants perdus dans la montagne. Et ramener ça à ce que c’est : juste un accueil simple mais qui est essentiel.

Et grâce aux migrants. Ces noms et ces visages qui ne sont rien d’autres que des gens en quête d’un mieux.
Comme nous, non?

Photo : Hélène Deschère.

Les Enfants de la Clarée, Raphaël Krafft, Marchialy, 221 p. , 19€.

Mais on pourrait aussi te conseiller d’aller lire Disparaître dans la nature d’ Evan Ratliff ou encore Portrait d’un cannibale de Sinar Alvarado.

Hélène.

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