Leur âme au Diable, Marin Ledun (Série Noire) – François Médéline

Photo : François Médéline.

AVANT-POST

Je suis arrivé dans le petit monde des littératures policières en septembre 2012, il y a bientôt dix ans. J’y ai fait de nombreuses rencontres et j’ai donc croisé Marin Ledun, figure imposée d’une grande famille qui, dans les faits, n’en est pas une. De suite, je n’ai pas senti le type. Et je crois pouvoir dire que, durant quelques années, nous ne nous aimions pas. Je veux dire que nous ne nous aimions pas RÉCIPROQUEMENT. Nous avions chacun nos raisons, les siennes sans doute plus légitimes que les miennes, je n’en sais strictement rien. J’ai bien percé son filtre, à deux ou trois occasions, physiquement, rien que pour le faire chier, et c’était histoire de démontrer que le mien serait toujours plus étanche que le sien. En toute logique, nous reprenions nos chemins, bien heureux de nous éloigner de l’autre. Je veux dire, bien heureux de le faire MUTUELLEMENT. C’est sans doute pour cette raison, qu’en plus de mon faible appétit de lecture, je n’avais jamais ouvert un roman de Marin Ledun de ma vie.

Le hasard des programmations festivalières nous a pourtant conduits à vivre en proximité durant une semaine, de l’autre côté de l’Atlantique. Cloitré dans un avion ensemble ? Se trimbaler dans la forêt équatoriale avec l’autre ? Boire de l’alcool avec lui ? Plutôt non, si possible.

Photo : Magali Maricot.

Il s’est avéré que, sans même l’entremise de deux de ses amis alors présents qui sont depuis les miens, nous avons vécu en promiscuité. J’ai hurlé plus que jamais, il a intellectualisé les repas. Je l’ai vu pleurer des larmes de sidération, convulsives, et je l’ai écouté, même que désormais je le cite sur un sujet au moins (le féminisme). Je veux dire que je l’ai vu pleurer des larmes de joie, pas une fois, pas deux, mais plusieurs fois par jour, des larmes qui ont dilué le double filtre, fondu comme du sucre roux dans un rhum chaud. Et que je l’ai écouté plus souvent que ma moyenne et que ses argumentaires complets m’ont convaincu, pas une fois, pas deux, mais bien souvent.

Fichtre, l’autre s’était désormais tatoué et il avait toujours la même gueule, son petit regard vert aussi translucide que du bleu, mais il était intelligent. Et même qu’il avait un sourire sincère. Marin Ledun, sourire sincèrement, WTF

Depuis ce moment qui demeure précieux pour ceux qui l’ont vécu, non seulement nous nous aimons (peut-être dirait-il publiquement «apprécions » ou « apprécions beaucoup»), mais nous échangeons régulièrement, en particulier sur l’écriture. Quand un numéro masqué s’affiche sur l’écran de mon iPhone, une chance sur deux pour que ça soit lui. L’autre personne qui me le fait est une élue de la République. Marin est l’un des deux romanciers avec qui je parle sérieusement, et le plus souvent, d’écriture. Je l’estime et j’espère que lui aussi.

Tout ça pour dire que la lecture de Leur âme au diable , de celui que j’appelle désormais « Marin », livre paru à la Série Noire, vient après, et que chaque interaction passée doit encore produire son effet. J’ai en somme lu le bousin avec quelques bagages sur le dos.

Bref.

Vous connaissez aussi mon amour inconsidéré pour James Ellroy.

Passons désormais aux choses moins sérieuses, ou plus, c’est selon.

*****

RECENSION ANALYTIQUE

N’ayant donc jamais lu un livre de Marin, qui, parait-il, en a écrit vingt-cinq (!), je ne savais pas trop où je jetais les yeux en ouvrant son dernier opus édité par Stefanie Delestré . Je savais juste que j’aime rarement lire les gens que j’imagine connaître : il y a trop de ce que je pense d’eux, il n’y en a pas assez, je ne suis jamais surpris.

C’était pourtant annoncé dès le titre avec les tambours et la trompette : leur ÂME au DIABLE, donc. Nom d’un chien ! Et puis pourquoi pas d’abord ? La confiserie a le Carambar Caramel, la littérature peut bien chier de la bondieuserie. Cette première raison aurait sans doute suffi pour que le roman suinte l’ellroysme, de la première à la dernière ligne. Mais Marin a décidé (ou n’a pas décidé) que ça ne suffirait pas. Il a dans les faits appliqué le paradigme Ellroy, point par point, et il faut bien concéder qu’il l’a respecté à la lettre sur plus de 600 pages. Putain de chrétiens de merde.

Ellroyen car Leur âme au diable , de par son impressionnante galerie de personnages, tous plus rongés les uns que les autres par le péché (cupidité, jalousie, orgueil, luxure, colère, gourmandise, je crois qu’il ne manque que la paresse), et surtout la conscience du péché, est d’abord une superbe radiographie des damnés de la chrétienté éternelle avec leur obsession convergente : « Seigneur, nous avons cédé à la tentation / Seigneur, accorde-nous ta miséricorde / Seigneur, délivre-nous du mal ! » Points Ellroy : 1 sur 10 au compteur. Ledun est viscéralement chrétien.

Ellroyen de par la taille de l’objet traité : vaste, ample, gros. Je sais le potentiel mégalomaniaque nécessaire pour se dire devant un match de boxe ou durant un footing : « Tiens, je me coltinerais bien les mille jours de l’administration Kennedy ou vingt ans de forfaitures de l’industrie du tabac… » A minima, il faut être persuadé de posséder un savoir-faire infaillible, une maîtrise tant de la narration que de l’agencement strict des mots. Une paille. En général, les gros objets font des livres moyens. Points Ellroy : 2 sur 10 au compteur. Ledun a les yeux aussi gros que le ventre.

Ellroyen parce que les deux premiers postulats du paradigme ont pour conséquence inévitable un TROISIÈME postulat. Aucun personnage réaliste (si cher aux adulateurs du raffinement) ne peut résister à la divinité. Un personnage réaliste se fait broyer en deux pages par un objet d’une telle dimension. Et jusqu’à preuve du contraire, fumer tue plus que Dieu et les plats (trop) sucrés doivent être salés outre-mesure. En conséquence, tous les personnages de Leur âme au diable sont plus ideal-typiques les uns que les autres : les voraces y sont insatiables, les violents tueurs, les putes trop putes, les agents de la CAF trop agents de la CAF, les femmes trop femmes, les flics trop procéduriers et/ou trop paumés et/ou trop obstinés… Et Marin décroche la timbale avec son personnage principal. David Bartels ! David Bartels est un lobbyiste, ancien de l’ENA (évidemment), ancien collaborateur d’élus (Marin doit écrire cabinet POLITIQUE ou MINISTÉRIEL, plus ronflant), il a déjà fait trois fois le tour de la question du pouvoir à la fin de la vingtaine et est accro au cul, à la dope et au moyen suprême de tout avoir : le fric. Personne ne peut croire un instant à la vraisemblance de ce jeune mec aux déjà cent vies. Durant une autre vie justement (ma deuxième), j’ai rencontré des « lobbyistes », il est plutôt écrit directeur des relations publiques sur leur carte de visite. J’ai même eu Édouardo Philippo en ligne quand il faisait ce travail pour Areva. Ces gens ne ressemblent absolument pas à Bartels. La relation publique est le monde du feutre et de la discrétion. Le triptyque pute/cash/chantage n’existe pas. Il y a évidemment des malades de la queue comme DSK qui fricotent avec des cadres d’entreprises type Eiffage (cf. l’affaire du Carlton de Lille) mais David Bartels est aussi improbable que l’ordure Dudley Smith dans le quatuor de Los Angeles. Ce postulat du personnage idéal-typique (concept emprunté à Max Weber qu’on peut remplacer dans le langage commun par archétype pour faire précieux ou stéréotype pour faire méchant) comporte deux dangers principaux. Premièrement : ne pas en faire assez (c’est la tentation évidente). Marin n’est pas tombé dans le piège. Secondement : en faire trop (de chez trop) en sucrant le plat sucré au lieu de la saler (si vous me suivez toujours). Dans ce cas-ci, c’est la parodie : le deuxième quatuor de Los Angeles, par exemple (même si j’ai apprécié la rythmique du second tome à partir de la page 150, par nostalgie). Le bon dosage est dans tous les cas très difficile à obtenir. C’est que le lecteur tient tellement au pacte de vraisemblance (son seul pouvoir conscient)..! Dans Leur âme au diable, Marin écrit juste ce qu’il faut de démesure. Il devrait y en avoir bien trop déjà pour les âmes formatées et conventionnelles (du peuple) ou les âmes snob et réflexives (de l’élite). Marin ne leur épargne RIEN, à notre plus grand plaisir. Nous avons même droit aux poncifs ellroyens : le gros-dur-au-cœur-tendre type Wendell « Bud » White, le pervers narcissique pédé se faisant sucer par une sale petite pute, un mec ignoble. Oui, nous carburons en compagnie de ces mauvais gens (qui n’ont comme chez Ellroy aucune famille si ce n’est pour la détruire) à la coke, au sexe et à la mort. On adore ça. « Troisième gros plan sur le buste d’une brune plantureuse en Une d’un magazine porno ? » Oui, vite, zoome, zoome, zoome. Points Ellroy : 3 sur 10 au compteur. Ledun fait de la sociologue à la hache.

Ellroyen dès la scène inaugurale : un braquage de camion citerne, réplique évidente du braquage d’Underworld USA, notez-bien l’argument, et souvenez-vous du camion laitier… Un braquage d’ailleurs aussi grotesque dans sa raison d’être que l’extraordinaire scène d’ouverture d’ Underworld USA (pour résumer, c’est comme si des hommes de main de Bernard Arnault allaient braquer une tannerie pour voler les peaux de vache réservées à la concurrence, disons, Hermès, en laissant des preuves sanguinolentes). A ce stade, on ne sait plus trop si l’auteur a vraiment tout calculé : si les postulats du paradigme Ellroyen sont à ce point et consciemment mobilisés, c’est que Marin est un malade mental. Qui est Marin, qui est Ledun ? Points Ellroy : 4 sur 10 au compteur. Ledun a la détermination du marathonien au kilomètre 32.

Ellroyen sous la vaporisation des paillettes. Certes, Jack Lang, Bernard Kouchner, André Santini et Jacques Chirac n’ont pas le glamour US, sauf peut-être le dernier. Cependant, la culture française et populaire made in Patrick Sabatier dégouline des écrans TV, comme la culture populaire US grésille dans les postes radio du quatuor de Los Angeles. Certes, les pilotes de motocyclettes ou de F1 ne sont pas Ava Gardner même si « les Umbrellas girls sont des femmes-sandwiches à emporter ». Et l’industrie du tabac n’a pas le vernis mythologique de Hollywood. Quoique… Marin nous réserve une petite surprise issue du 7ème art (no spoil). De la bite, de la bite, de la bite et du venin. Points Ellroy : 5 sur 10 au compteur. Ledun est focus phallus.

Ellroyen dans son rapport au réel. Le concept est assez basique. Volez quelques éléments de réel, petite effraction, plongez dans le marécage et plantez les piquets bien profond, scellez, sortez la tête, inspirez le méthane. Ensuite, laissez votre esprit affamé et paranoïaque combler les vides. A ce titre, j’ai vu passer beaucoup de critiques/chroniques/retours de lecture sur la FORMIDABLE DOCUMENTATION compilée pour écrire un tel roman. Non mais les gens, sérieusement ? L’important n’est pas le travail de documentation (qui ne doit pas être si dingue concernant l’industrie du tabac et très accessible) mais le travail de fiction (complètement maboule pour le coup) pour relier les piquets de réel entre eux en ne partant pas complètement en couille, les poumons remplis de gaz inflammable. Bien sûr, je comprends qu’on tombe dans le panneau clignotant. Marin utilise les trucs narratifs pour mentir bien comme il faut : les rapports officiels aussi longs que dans American Tabloïd, les manchettes de presse (bien présentes mais moins rutilantes que chez le grand chien fou américain). Mais Marin INVENTE TOUT. Tout le temps. 1% de réel (fallacieusement sélectionné)/99% de fiction (supérieurement travaillée). Le plus grand mensonge de ce livre, comme dans tous les romans qui peuvent prétendre au statut de littérature (non divertissante), n’est pas celui de Big Tobaco, mais celui de Marin. Marin ment. TOUT LE TEMPS. Tout est fait pour y croire mais rien n’y est vraiment RÉEL. Sinon tout serait FAUX. Si vous ne me croyez pas, lisez La poétique d’Aristote. Points Ellroy : 6 sur 10 au compteur. Ledun est un bonimenteur.

Ellroyen à travers le point de vue : narrateur omniscient et omniprésent jusque dans ses opinions politiques (un Ellroy au dégoût tendre pour les branquignoles VS un Ledun à la colère fascinée pour les puissants). Un point de vue aussi conspirationniste que dans la trilogie Underworld USA (quand le monde se fait à quatre ou cinq dans les arrière-cours alors que le réel est régi par des systèmes d’interactions complexes). Conspirationniste ? Et alors ? Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de Youpins. C’est juste jouissif de posséder le réel et tous les moyens sont bons. On conspire tous les jours contre ses enfants, contre ses voisins, contre ses parents, contre ses amis. La relation sociale est une manipulation. Points Ellroy : 7 sur 10 au compteur. Ledun en a rien à foutre du qu’en-dira-t-on.

Ellroyen enfin par l’écriture. Marin a repris l’agencement télégraphique, les phrases courtes (ah les phrases courtes !! qui désarçonnent bien des lecteurs que je rencontre) dont chaque signe est porteur d’une foultitude d’informations (j’ai un goût tout à fait subjectif pour la densité). [Aparté A : en revanche, Marin ne mobilise pas la répétition de tête explicitement formalisée de American Death Trip (scansion : Wayne a glavioté / Wayne a savaté le négro / Wayne a chopé la trique = procédé sur-utilisé chez David Peace), bien qu’il y en ait, ça et là, des traces minimes] Dans ce cas de figure, la mécanique ellroyenne nécessite de dorer les fins de phrase au lingot d’or, souvent par un adjectif ou un adverbe clinquant. La rythmique est finale. Pour connaître mon Ellroy, à l’écriture, vous l’entendez et c’est à ce moment-là (quand vous l’entendez) que vous savez qu’il faut mettre le prochain coup. Votre jab a touché la cible. C’est le BAM du Badabam, Badabam, BadaBAM / Badabam, Badabam, BadaBAM. Le procédé est moins systématique ici mais il est récurent. Ainsi, dans « Leur âme au diable » : les activités sont SUBVERSIVES ; les sourires sont ENIGMATIQUES (j’entends é-nig-ma-TIQUES) ; la trique est D’ENFER ; on monopolise DE FAÇON INSENSÉE ; on identifie FORMELLEMENT ; embaucher des mercenaires pour des enquêtes publiques y est MONNAIE COURANTE ; les ministres sont AUX ANGES. Ainsi, dans « Leur âme au diable » : on n’est jamais excité, toujours SUREXCITÉ ; on ne désigne des cendriers que s’ils DÉBORDENT ; les cœurs battent LA CHAMADE ; les simples conneries ne suffisent pas, il faut DES TAS DE CONNERIES ; les nouvelles agissent comme DES ÉLECTROCHOCS ; on y écoute RELIGIEUSEMENT ; les gilets ne sont pas jaunes, les gilets jaunes sont EXTRAVAGANTS ; un zombie ne peut être qu’un PUTAIN DE ZOMBIE. Toujours plus, plus de tout en peu de mots, jusqu’à saturation de chaque signe : saturé d’informations, saturé d’excès, saturé de pénitence. Et ce, sur plus de 600 pages. Tel est le challenge que s’est fixé Marin et qu’il remporte À MERVEILLE. [Aparté B : en mobilisant cette rythmique d’écriture, un romancier craint que le lecteur n’entende pas les mêmes sons que lui. Ellroy utilise alors des artifices formels type MAJUSCULES ou italiques. Pas Marin, bien qu’il y en ait, là aussi, ça et là, des traces minimes.] Le texte est porté, sans doute sciemment, par une voix moins puissante (plus de chevaux dans le moulin US d’une Ford Mustang 1962 que dans le moteur FRANÇAIS d’une 205 GTI de 1984). Il y a aussi comme une volonté de respecter le lecteur (qui n’est d’ailleurs étrangement jamais perdu malgré la saturation formelle et le grand nombre de personnages). Points Ellroy : 8 sur 10 au compteur. Ledun est une brute mélomane.

Ellroyen parce que Leur âme au diable ne remet pas en cause l’essence romanesque, il raconte une histoire. Quand j’ai fermé le livre, j’avais le même goût de cendre dans la bouche. Je n’ai jamais compris pourquoi avec Ellroy, et je n’ai pas plus compris ici. Point Ellroy : 9 sur 10 au compteur. Ledun est aussi un raconteur d’histoires.

Pas Ellroyen, enfin, parce que français, européen. Les lieux et les choses ne véhiculent pas une mythologie naturelle. De plus, Marin a le crâne rasé, plutôt de la gueule, un tatoo, mais il ne porte pas de chemises hawaïenne, il n’aboie pas en public, il n’est pas spectaculaire. Point Ellroy : toujours 9 sur 10 au compteur. Ledun s’appelle Marin.

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SYNTHÈSE

1. Ça m’aurait arraché de le dire il y a dix ans mais je peux le dire tranquille aujourd’hui : j’aurais bien aimé écrire ce livre.

2. Le paradigme Ellroy est radical et ses postulats dérangeants ne peuvent pas être admirés par 100 000 personnes. A ce titre, je me suis toujours demandé comment James Ellroy pouvait faire une telle unanimité (en particulier chez les gens de gauche que les gens de droite traitent de gôchistes bien-pensants).

3. En conséquence, je me demande comment Leur âme au diable peut faire le même effet, même sur quelques milliers de personnes.

4. C’est en tout cas pour toutes ces raisons qui impriment des qualités essentielles et des défauts sublimes à un texte que j’aime James Ellroy.

5. J’affirme (et prouve s’il le fallait car la réception d’un livre ne peut être qu’une affaire de subjectivité) que « Leur âme au diable » est un grand roman ellroyen, le plus ellroyen des romans qu’il m’ait été donné de lire, à l’exception des livres du Dog.

6. Vous avez le droit d’apprécier ce roman pour de mauvaises raisons. Vous avez aussi le droit de le détester pour de bonnes raisons.

7. 19 mai 1984, banlieue sud. Il est 16h42. Notez-bien l’heure.

La 205 GTI file à très vive allure. La voix de femmelette de Daniel sort des baffes en stéréo. C’est juste le paradis.

Je ne suis pas un héros.

Mes faux pas me collent à la peau.

VAVAVOUM.

8. Si vous n’aimez ni les 205 GTI , ni Daniel Balavoine, ni James Ellroy, tirez-vous vite. Sinon, lisez Leur âme au diable .

Go.

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NOTES DE BAS PAGE

1. Un truc assez fou sur le coup : il y a un saut temporel de plus de dix ans en plein cœur du livre ; comme si Marin décidait de nous raconter la début et la fin de son histoire et rien d’autre ; Bien ouèj, me suis-je dit d’abord, feignasse, puis choix très très judicieux in fine, gonflé, courageux.

2. Force est de constater que je me trompais. J’ai été SURPRIS. Jamais je n’aurais pu imaginer que Marin avait mis TOUT ÇA dans le bousin. Et je m’imagine donc mieux connaître le garçon aujourd’hui. Un garçon mystérieux, entre Mister Marin et Mister Ledun.

3. Ne croyez pas qu’il est facile de dire du bien d’un autre romancier même s’il est un ami. Nous avons besoin de reconnaissance comme dans un vestiaire de football. Le concours séculaire de celui qui la plus grosse n’en finira jamais. Nous sommes des concurrents. Quand l’un reçoit un prix, c’est que l’autre ne l’a pas. Il n’y a jamais de place pour tout le monde. Tout ceux qui disent l’inverse sont des menteurs. Je fais dans le corporate, parfois dans le familial, jamais dans le copinage.

François Médéline.

Leur âme au Diable, Marin Ledun, Série Noire, 608 p. , 20€.

François Médéline (à droite) avec James Ellroy (au centre) et Sébastien Wespiser (éditions Agullo). Photo : Céline Delhier.

Les lignes qui suivent ont été empruntées à La Manufacture de Livres, éditeur de François Médéline (à l’exception de La Sacrifiée du Vercors, paru chez 10/18).

Né en 1977 dans la région lyonnaise, François Médéline émigre à Romans-sur-Isère à 11 ans pour y faire son apprentissage du rugby, du grec ancien et de l’amitié. Durant son doctorat, il est chargé d’études et de recherches à Science Po Lyon, spécialisé en sociologie politique et en linguistique. Il vit et mange politique durant dix ans comme conseiller, plume, directeur de cabinet et directeur de la communication de divers élus. Il aime la belote coinchée, ramasser des champignons en Lozère, pêcher des perches au bord du lac Léman et sa famille. Il n’écrirait pas s’il n’avait pas lu James Ellroy. Il apprécie particulièrement les ambiances malsaines de David Lynch, le lyrisme parfois potache de Sergio Leone, La Naissance de Vénus de Boticelli et l’album Ssssh de Ten Years After. Il est le scénariste de l’adaptation cinématographique du roman Pike de Benjamin Whitmer paru chez Gallmeister. Il a traversé l’océan Atlantique Nord à la voile, se consacre à l’écriture, s’occupe d’enfants dans une école de rugby et n’a pas vraiment de domicile fixe.

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