Photo : Fanny Nowak.

Du grand Noir. Du genre à vous donner la nausée, à vous faire palpiter le coeur bien trop vite, à vous coller au fond de votre lit les yeux grands ouverts aussi longtemps que nécessaire pour terminer ces chapitres qui s’enchaînent, faisant naître en vous des envies de meurtre pour les salauds qui les peuplent tout autant que des élans de tendresse et de compassion envers ceux qui tentent de s’en sortir.

Des personnages qui se tiennent sur la corde raide, ajustant leur morale aux événements, à leurs états d’âme ou leurs intuitions…

Des affaires qui s’entrecroisent autour d’un flic au bout du rouleau, d’une jeune mère piégée dans une histoire qui ne trouve pas de fin, d’un homme dont les pulsions meurtrières pourraient bien finir par le perdre.

Lesquels d’entre eux parviendront à traverser la nuit sans trop de dommages ?

Du grand Le Corre !

Aurélie.

Traverser la nuit, roman noir, polar, thriller, mais surtout une histoire bouleversante qui traverse l’obscurité.

Hervé Le Corre frappe de nouveau très fort en ton cœur, dans ce dédale où rédemption et espérance n’ont plus leur place. Ça te glace, ça te peine, ça te remuera intensément.

Louise, harcelée méchamment par un fou furieux, aime surtout son fils, sa lumière en pleine tempête. Le commandant Jourdan, lui, est un naufragé, emporté par les lames de fond d’un métier qui éteint tout espoir en l’espèce humaine. Il est à la recherche. À la recherche d’un ancien soldat, petit garçon trop touché par cette mère vampirique, incestueuse, homme qui désormais fait un carnage.

Il pleut sur Bordeaux et les cœurs saignent.

Traverser la nuit est magistral par son style, ses personnages égratignés, son rythme intense, ses croisements venimeux ou bienheureux, oui, rarement, une grâce. Hervé Le Corre te porte dans sa sombre poésie, celle qui te dit les marasmes, les manques, les cris étouffés, l’humanité en peine ; celle qui se demande à quoi l’on tient lorsqu’il ne reste plus qu’un fil ténu et parfois plus… rien.

Pas de héros, pas mal d’héroïne, un peu d’amitié, pas mal de coups portés et de rêves avortés. Finir ce roman, c’est finir en apnée, suspendue face au vide. C’est violent, addictif, plus que poignant.

Fanny.

Traverser la nuit, Hervé Le Corre, Rivages/Noir, 317 p. , 20€90.

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