Mathilde ne dit rien, Tristan Saule (Le Quartanier) – Aurélie, Cécile et Hélène

Mathilde ne dit pas grand chose, c’est vrai, mais Mathilde n’hésite pas à agir quand il est question d’aider son prochain. En une semaine, sa vie terne et bien réglée depuis 12 ans va prendre un tournant inattendu, faisant ressurgir un passé qu’elle avait pris grand soin d’enfouir.

La première scène du roman est renversante. La tension énorme qui y règne nous plonge immédiatement dans un état fébrile : on s’accroche au livre très fort, on tourne les pages à toute vitesse, on attend que tout bascule. On fait connaissance avec Mathilde en de bien étranges circonstances et on s’étonne d’être aussi vite attaché à elle.

Elle habite au-dessus de la Place carrée, dans un quartier où son emploi de travailleuse sociale lui attire de nombreux appels à l’aide. Quand Nadia, sa plus proche voisine, vient la chercher en lui expliquant la situation inextricable dans laquelle sa famille se trouve, Mathilde sait que cette fois-ci un cadre légal ne pourra en rien être utile pour les sortir de là.

Derrière sa stature imposante, son besoin de passer inaperçue, ses petits signes de têtes qui en disent long et son angoisse étonnante de voir le soleil s’éteindre, c’est une détermination sans faille et un coeur tendre qui se cachent.

Elle n’aimerait sans doute pas ça Mathilde mais on a qu’une envie en terminant cette lecture : pouvoir la serrer fort dans nos bras et l’aider à se reconstruire.

Bravo à l’auteur ! Ce roman fera assurément partie de ceux que je défendrai le plus dans cette rentrée de janvier. A la fois profondément sombre et incroyablement lumineux, je suis sûre que ce livre vous fera totalement chavirer.

Aurélie.

Mathilde ne dit rien et aimerait ne rien faire non plus, vivre égoïstement sans se soucier outre mesure des autres. Sauf que Mathilde a des yeux et surtout une conscience. Et puisque l’injustice gagne du terrain au pays des invisibles, Mathilde ne dit toujours rien mais décide d’agir. Et Mathilde prend les armes… C’est noir, l’écriture est directe et, maligne, t’agrippe à te rendre addict. Je défie quiconque de réussir à abandonner Mathilde en cours de route. Mathilde est un bulldozer, Mathilde n’est pas là pour vous séduire, elle fonce, elle défonce et le lecteur ne peut que tomber sous le charme de celle qui ne nous demandait rien, surtout pas d’être sous les projecteurs et encore moins d’être aimée. Mathilde, tu es notre héroïne justicière des temps modernes. Mathilde, tu as beau vouloir rester dans l’ombre, tu nous colles à la peau. Mathilde, tu rejoins mon panthéon des personnages de romans préférés. Mathilde, j’ose te le dire, là, au risque que tu m’en retournes une en retour : Mathilde, je t’aime.

Cécile.

Je crois que je n’oublierai pas Mathilde. Il restera toujours au moins quelques bribes d’elle dans mon cerveau, même quand d’autres lectures se seront empilées dans mes souvenirs. Mathilde, elle s’impose à toi. Comme la scène d’ouverture de ce roman, qui te laisse un peu sans souffle, tant la tension est maîtrisée. Mathilde et son peu de mots prononcés à voix haute, Mathilde et cette droiture, Mathilde et son sens de l’entraide, quitte à ce qu’il se retourne contre elle. Une femme qui se fait la plus discrète possible mais dont la force de caractère, la patience, la fragilité te sautent à la gueule. Une femme qui observe et côtoie l’injustice sociale tous les jours. Dans son immeuble, son quartier, son travail. Mathilde ne dit rien mais refuse de fermer les yeux et de faire comme si elle n’avait pas vu. Elle agit, sans rien dire, sans rien demander en retour. Si ce n’est peut-être qu’on la laisse tranquille, retrouver sa routine rassurante. Pourquoi est-elle comme ça Mathilde ? Quelques chapitres remontent son histoire, de quoi avoir encore plus envie de serrer Mathilde dans ses bras, de boire un café en sa compagnie en silence. Parce qu’elle préfère ça.

Ce roman signe le premier volet d’une série se déroulant dans le même quartier, celui de la place carrée. Et savoir que peut-être dans le tome 2, je vais retrouver Mathilde me remplit de joie, et d’une très légère impatience aussi. Surtout, si Idriss, l’observateur, est encore là.

Hélène.

Mathilde ne dit rien, Tristan Saule, Le Quartanier, 328 p. , 20€.

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