L’enfant céleste, Maud Simonnot (éd. de L’Observatoire) – Fanny

Photo : Fanny Nowak.

J’ai traversé un océan de beauté en lisant « L’enfant céleste » de Maud Simonnot.
C’est une chasse aux nombreux trésors cet ouvrage, une odyssée contemporaine mêlant l’amour, l’astronomie et le mystère.

Mary, la mère, est remuée par sa rupture amoureuse avec Pierre. Célian, son fils, est cet enfant rêveur qui exaspère, par son comportement lunaire, son institutrice.
Pour autant que Célian signifie « lune » en grec et « querelleur » en celte, on peut dire que notre auteure manie l’art subtil des symboles tout en nous offrant une histoire, certes basique – à savoir le deuil d’une histoire d’amour couplé à la relation d’une mère et son fils – mais résolument magnifique.
La solution pour Mary est l’Ailleurs, pour un temps, partir loin, sur une île légendaire de la mer Baltique, l’île de Ven.
C’est sur ce rocher posé sur les flots tumultueux « qu’à la Renaissance, Tycho Brahe – astronome dont l’étrange destinée aurait inspiré « Hamlet » vient observer les cieux », le cœur ouvert sur l’infini.

C’est passionnant parce qu’avec son écriture, son regard, Maud Simonnot te transporte fort et loin dès les toutes premières pages. C’est un aimant ce livre, tu t’y accroches à la fois grâce à son sublime style littéraire puis à cette histoire qui amène les petites vies dans le Grand Tout.
La description de l’île est précise comme une percée naturaliste dans le végétal, l’envolée vers la Voie Lactée est un voyage intemporel nous reliant à l’éphémère d’une vie, et la révélation du secret d’Hamlet est pour le moins résolument fascinante.

« Tout le monde connaît Hamlet mais reposons le cadre : « Le roi du Danemark est empoisonné par un filtre de datura. Son frère Claudius usurpe le trône et épouse la reine Gertrude. Le défunt revient hanter le château de Kronberg à Elseneur et demande à son fils de le venger. »
Selon une thèse publiée en 1996, la pièce de Shakespeare serait une allégorie de la dispute opposant Tycho Brahe à d’autres astronomes. Ainsi Brahe, amant présumé de la reine Sophia, aurait inspiré le personnage de Claudius et ce prénom « Claudius » aurait été choisi en référence à Claudius Ptolemaeus, c’est à dire Ptolémée. Et dans l’hypothèse où cette pièce évoque les lois qui régissent l’univers, Shakespeare aurait défendu des idées scientifiques révolutionnaires. »

C’est du bonheur pur que de se laisser aller auprès de  L’enfant céleste , c’est à peu près tout de la vie, des astres et j’y ai découvert cet astronome à l’aura magnétique.

« Né en 1546 au Danemark, Tycho Brahe est le premier grand observateur des temps modernes, un des plus illustres astronomes du XVI ème siècle (…) En 1972, l’apparition d’une « étoile nouvelle », une supernova dans la constellation de Cassiopée, secoue les esprits : depuis Aristote, soit plus de 1500 ans, on pense en effet que le ciel est immuable! Pendant des semaines Brahe observe « son » étoile avec un sextant et constate l’absence de parallaxe de cette dernière : il en déduit que ce nouvel astre est très éloigné et qu’il ne fait pas partie du monde intra-lunaire. Rendu célèbre dans toute l’Europe, il est courtisé par les grands dirigeants; il accepte l’offre du roi Frédéric II qui lui fait construire l’observatoire d’Uraniborg de 1576 à 1580 – sur l’île de Ven. » ( Source Futura Sciences )

De mon côté, juste en apprenant cela, j’étais déjà ailleurs. Il suffisait qu’une talentueuse plume se pose sur cette histoire et y révèle tout son talent de conteuse pour parachever mon bonheur de lectrice.
Sur cette île, tu regarderas vers la mer et la mère, tu te laisseras aussi gagner par les odeurs de pluie, d’iode, de bois, de plantes et de souvenirs. Tu y feras connaissance d’un ancien amour, d’un ours suédois et d’un enfant qui parcourt son chemin étoilé.

« J’essaie d’attraper le reflet de la lune sur l’eau avec une canne à pêche. Dans le Système solaire on a trouvé 173 lunes. La Voie Lactée contient plus de deux cent milliards d’étoiles. Si on multiplie ça fait beaucoup de lunes… Le premier catalogue d’étoiles a servi aux marins pendant des siècles. Tycho Brahe, lui, en a observé et classé mille, c’était ça son trésor.(…) »

L’enfant céleste  évoque et invoque, il donne envie de dessiner le toit du monde et de s’y lover, c’est comme une lumière stellaire ce livre car ce roman est un retour à nos sources, ressources et richesses premières.
Alors prends cet « enfant céleste » contre toi, tu te feras le plus grand bien, et tu pourras choisir…
« T(ych)O B(rah)E OR NOT T(ych)O B(rah)E »
Alors ?

Coup au ❤️ vers l’infini et l’au-delà !

Fanny.

L’enfant céleste, Maud Simonnot, Les éditions de l’Observatoire, 165 p. , 17€.

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