Ce que je ne veux pas savoir, Deborah Levy (Editions du sous-sol) – Fanny

Photo Fanny Nowak.

Prix Femina Etranger 2020.

« (…) l’Afrique m’était déjà revenue quand je sanglotais sur les escalators de Londres. Si je croyais que je ne pensais pas au passé, le passé, lui, pensait à moi. Je me dis que ça devait être vrai car l’épicier chinois, dont le père était sidérurgiste, m’avait dit que les escalators, ou « escaliers roulants », dont le brevet avait été déposé en 1859 par Nathan Ames dans le Massachusetts avant qu’ils ne soient redessinés par l’ingénieur Jesse W. Reno, furent d’abord présentés au monde moderne comme une « bande de transport infini. »

Ce que je ne veux pas savoir – Une réponse au » Pourquoi j’écris » de George Orwell de Deborah Levy, avec la traduction investie de Céline Leroy, est un petit bijou littéraire, c’est à dire un petit livre, qu’on étreint avant de le poser avec bienveillance dans sa bibliothèque, car un peu de Deborah Levy fait toujours du bien dans une vie.

Sa littérature c’est de l’intime dans l’universel, c’est du féminin dans le genre commun, cela dit le « soi », l’oiseau parfois en cage, les choix d’une existence. Les larmes aux yeux, j’y ai lu ses souvenirs d’Afrique du Sud, l’emprisonnement du père, la recherche d’un sens qui n’est jamais unique, les émotions qui transpercent, le chemin que l’on veut prendre sans savoir vraiment comment faire.

Son style est net, sincère, avec ces phrases qui ondulent jusqu’à notre Être pour devenir des épopées gracieuses, des recherches sur ce moi profond, sur sa nécessité d’écrire, sans fioriture ni excès. Deborah Levy ne cherche pas à éblouir, elle « est », cherchant le vrai dans ces paraboles entre la fuite à Majorque et le départ précipité d’Afrique du Sud. C’est palpitant, c’est sans esbroufe.

Ce petit livre bleu est un cadeau à transmettre, de celui qui parle au cœur pour te dire bien des choses, avec beaucoup de clarté, de douceur, d’humanité.Les petites scènes écrites avec minutie par l’auteure, disent le monde et son basculement, à la fois sa beauté et sa rigidité, sa poésie et sa violence. C’est simplement passionnant à lire !

Coup au ❤️ ouvert.

Fanny.

Ce que je ne veux pas savoir, Deborah Levy, Editions du sous-sol, 135 p. , 16€50.

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