Bondrée, Andrée A. Michaud (Rivages Noir) – Gaëlle

Pendant qu’il ne neige pas ici, on lit canadien, et c’est une riche idée sais-tu !

C’était quelque part en 2017 et Bondrée, l’incroyable Bondrée, venait juste de sortir en poche, quelle aubaine !

C’est l’été. Au bord du lac c’est familial, les cabanes sont en rondins de bois et autour c’est la forêt.
Dans la forêt, il y a, il semblerait, un trappeur-hanteur. Qui aurait comme des comptes à régler.

C’est Andrée A. Michaud qui a écrit Bondrée, et c’est chouette comme elle écrit Andrée A. Michaud. Ça commence tout doux l’air de rien, ça te prend tout de suite par la main, et zou, ça t’embarque, tu lis français, anglais, canadien, tu t’en fiches, tu comprends tout et tu te régales. En tout cas, j’ai fait bonne chère !

Il y a de l’espièglerie dans l’écriture d’Andrée A. Michaud, et c’est terriblement réjouissant.
Il y a de l’espièglerie et pas seulement : la dame est subtile et plurielle, elle s’y entend en psyché humaine, en nuances.

« Au sein de la forêt, il avait donc pensé à Marie en retenant son souffle, puis il s’était mis à rire, à se moquer de lui, de sa bêtise, cherchant un mouchoir dans sa poche pour essuyer ses larmes et s’accroupissant, une crampe au ventre, maintenant, une bonne crampe de fou rire. Ce qu’il avait pris pour une chevelure n’était que la longue queue d’un renard roux, mort de faim, de maladie ou de vieillesse. Maudit Ménard, avait-il murmuré, maudit Ménard que tu m’énarves des fois. Lorsqu’il avait relevé la tête, un éclair de chair blanche l’avait ébloui, quelques pouces de blancheur prolongeant la chevelure. Son rire avait cassé net, un tir de boulet l’avait frappé en plein cœur et il s’était approché de l’arbre au pied duquel gisait la chose inconnue. C’est un renard, Ménard, pogne pas les nerfs, c’est rien qu’un pauvre renard. Mais la chose était presque nue, plus longue qu’un renard, plus blanche aussi. La chose avait des jambes et des ongles vernis. »

Quand Andrée A. Michaud s’entretient avec la librairie Mollat, ça donne faim, tu ne trouves pas ?

Il n’y a pas que l’espièglerie et la psychologie bien posée dans Bondrée, il y a l’haleine aussi, bien tenue, et l’ensemble bien ficelé, qui fait de ce roman, à mon sens, un extraordinaire excellent roman policier. Une régalade je te dis.

Parfois, j’aimerais ne pas l’avoir encore lu, être tout au bord de le commencer.

Gaëlle.

Bondrée, Andrée A. Michaud, Rivages/Noir, 379 p., 7,90 €.

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