Albert et l’argent du beurre, Laurent Rivelaygue (Editions du Sonneur) – Tom Desliens

Albert et l’argent du beurre est un petit livre tout jaune sans queue ni tête dont le fouillis organisé qui compose les pages fera plier de rire le plus stoïque des lecteurs. Laurent Rivelaygue nous embarque dans son quotidien difficile mais ô combien drôle d’écrivain. Le Laurent du livre écrit son premier roman et tente tant bien que mal de pondre un chef-d’œuvre. Un seul problème, il se retrouve avec des personnages récalcitrants. L’auteur doit composer avec un majordome sardinophile, un vaniteux bellâtre qui se prend pour une bête de sexe, une indécise qui décide toute seule de changer de nom toutes les trois lignes, une milf qui passe son temps à se gratter les couilles, une crémière couteau-suisse sosie non officiel d’Édouard Philippe, une secrétaire effarouchée aux manières surdéveloppées et bien d’autres encore. Malgré cette ribambelle de personnages hauts en couleurs, Laurent (le vrai, cette fois) réussit à garder un certain contrôle sur le récit, tout en s’autorisant quelques dérapages qui raviront le lecteur.

A travers les scènes de vie quotidienne de nos hurluberlus et leurs interactions avec leur metteur en scène, une critique du monde de l’édition et son élitisme émerge et les connaisseurs du monde du livre pourront reconnaître quelques têtes couronnées qui en prennent pour leur grade. Si le Laurent Rivelaygue du livre commence tout juste sa carrière, le vrai n’en est pas à son coup d’essai. Son premier roman Poisson-chien est sorti 13 ans plus tôt aux Éditions La Volte et entre temps, il a écrit un scénario de bande dessinée, une dizaine de textes pour la jeunesse, écrit et illustré un dictionnaire de mots farfelus et imprononçables qui pressentait sa maîtrise de la langue et de l’absurde. Les détournements de mots et les néologismes présents dans Albert gagneront sans aucun doute le cœur et les zygomatiques des amateurs de calembours. Cette lutte sans merci pour le contrôle du récit nous offre un véritable moment de détente jubilatoire. Des livres drôles, il en existe mais des livres qui vous arrachent des éclats de rire comme Albert peut le faire, il en existe pas assez.

Tom, guest.

Albert et l’argent du beurre, Laurent Rivelaygue, éditions du Sonneur, 117 p. , 15€.

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